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dimanche 13 février 2011

En direct du Forum Social Mondial de Dakar

Déclaration de l’assemblée des mouvements sociaux FSM Dakar (Sénégal)

10 février 2011


Nous, réunies et réunis lors de l’Assemblée des mouvements sociaux du Forum social mondial 2011 à Dakar affirmons l’apport capital de l’Afrique et de ses peuples dans la construction de la civilisation humaine. Ensemble, les peuples de tous les continents mènent des luttes pour s’opposer avec la plus grande énergie à la domination du capital, cachée derrière des promesses de progrès économique et d’apparente stabilité politique. La décolonisation des peuples opprimés reste pour nous, mouvements sociaux du monde entier, un grand défi à relever.

Nous affirmons notre soutien et notre solidarité active aux peuples de Tunisie, d'Égypte et du monde arabe qui se lèvent aujourd’hui pour revendiquer une véritable démocratie et construire un pouvoir populaire. De part leurs luttes, ils montrent la voie d’un autre monde débarrassé de l’oppression et de l’exploitation.

Nous réaffirmons avec force notre soutien aux peuples ivoirien, d’Afrique et du monde dans leurs luttes pour une démocratie souveraine et participative. Nous défendons le droit à l’autodétermination de tous les peuples.

Au sein du processus FSM, l’Assemblée des mouvements sociaux est l’espace où nous nous réunissons avec notre diversité, pour construire nos agendas et luttes communes contre le capitalisme, le patriarcat, le racisme et toute forme de discrimination.


A Dakar, nous célébrons les 10 ans du premier Forum qui s’est tenu à Porto Alegre en 2001. Au cours de cette période, nous avons construit une histoire et un travail communs qui a permis certaines avancées, notamment en Amérique latine, où nous avons réussi à freiner des alliances néo-libérales et concrétiser plusieurs alternatives pour un développement socialement juste et respectueux de la nature.

Au cours de ces 10 ans, nous avons également assisté à l’explosion d’une crise systémique qui s’est déclinée en crise alimentaire, environnementale, financière et économique, et qui a donné lieu à l’accroissement des migrations et déplacements forcés de populations, de l’exploitation, de l’endettement, des inégalités sociales.

Nous dénonçons le rôle des acteurs du système (banques, transnationales, grands médias, institutions internationales,…) qui, à la recherche du profit maximum, continuent leur politique interventionniste via des guerres, des occupations militaires, des supposées missions humanitaires, la création de bases militaires, le pillage des ressources naturelles, l’exploitation des peuples, la manipulation idéologique. Nous dénonçons également la cooptation qu’ils exercent à travers le financement de secteurs sociaux servant leurs intérêts, et leurs pratiques assistentialistes qui génèrent la dépendance.

Le capitalisme détruit la vie quotidienne des populations. Mais, chaque jour naissent de nombreuses luttes pour la justice sociale, pour éliminer les dégâts du colonialisme et pour que toutes tous obtiennent une qualité de vie digne. Nous affirmons que nous, les peuples, ne devons plus payer pour leur crise et qu’il n’y a pas d’issue à cette crise au sein du système capitaliste. Réaffirmant la nécessité de construire une stratégie commune de lutte contre le capitalisme, nous, mouvements sociaux :

Nous luttons contre les transnationales pace qu’ils soutiennent le système capitaliste, privatisent la vie, les services publics et les biens communs comme l’eau, l’air, la terre, les semences, les ressources minérales. Les transnationales promeuvent les guerres, par le biais de l’engagement d’entreprises privées et mercenaires et de la production d’armes, reproduisent des pratiques extractivistes nuisibles à la vie, accaparent nos terres et développent des semences et aliments transgéniques qui enlèvent aux peuples le droit à l’alimentation et détruisent la biodiversité.

Nous exigeons la souveraineté des peuples dans la définition de leur mode de vie. Nous exigeons la mise en place de politiques qui protègent les productions locales, donnent une dignité aux tâches agricoles et conservent les valeurs ancestrales de la vie. Nous dénonçons les traités néolibéraux de libre échange et exigeons la liberté de circulation pour tous les êtres humains.

Nous continuons à nous mobiliser pour l’annulation inconditionnelle de la dette publique de tous les pays du Sud. Nous dénonçons également, dans les pays du Nord, l’utilisation de la dette publique pour imposer aux peuples des politiques injustes et anti-sociales.

Mobilisons nous massivement à l’occasion des réunions des G8 et G20 pour dire non à ces politiques qui nous traitent comme des marchandises !

Nous luttons pour la justice climatique et la souveraineté alimentaire. Le réchauffement global est un produit du système capitaliste de production, distribution et consommation. Les transnationales, les institutions financières internationales et les gouvernements à leur service ne veulent pas réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Nous dénonçons le « capitalisme vert », et refusons les fausses solutions à la crise climatique comme les agrocarburants, les organismes génétiquement modifiés et les mécanismes de marché de carbone, comme le REDD, qui font miroiter aux populations appauvries des progrès, tout en privatisant et transformant en marchandises les forêts et territoires où ces populations ont vécu pendant des millénaires.



Nous défendons la souveraineté alimentaire et l’accord atteint pendant le sommet des peuples contre le changement climatique qui s’est tenu à Cochabamba, où des véritables alternatives à la crise climatique ont été construites avec les mouvements sociaux et organisations du monde entier.

Mobilisons nous, tous et toutes, en particulier sur le continent africain, pendant le COP 17 à Durban en Afrique du Sud et à « Rio +20 » en 2012, pour réaffirmer les droits des peuples et de la nature et arrêter l’accord illégitime de Cancun.

Nous défendons l’agriculture paysanne qui et une solution réelle à la crise alimentaire et climatique et signifie aussi l’accès à la terre pour celles et ceux qui la travaillent. Pour cela, nous appelons à une grande mobilisation pour stopper l’accaparement des terres et appuyer les luttes paysannes locales.

Nous luttons contre la violence envers les femmes qui est exercée régulièrement dans les territoires occupés militairement, mais aussi contre la violence dont souffrent les femmes quand elles sont criminalisées parce qu’elles participent activement aux luttes sociales. Nous luttons contre la violence domestique et sexuelle qui est exercée sur elles quand elles sont considérées comme des objets ou marchandises, quand leur souveraineté sur leur corps et leur spiritualité n’est pas reconnue. Nous luttons contre la traite des femmes, des filles et garçons. Mobilisons-nous tous ensemble, partout dans le monde, contre les violences faites aux femmes. Nous défendons la diversité sexuelle, le droit à l’autodétermination du genre, et nous luttons contre l’homophobie et les violences sexistes.


Nous luttons pour la paix et contre la guerre, le colonialisme, les occupations et la militarisation de nos territoires.

Les puissances impérialistes utilisent des bases militaires, pour provoquer des conflits, contrôler et piller les ressources naturelles, et promouvoir des initiatives antidémocratiques comme ils l’ont fait avec le coup d’Etat au Honduras et l’occupation militaire en Haiti. Ils promeuvent guerres et conflits comme ils le font en Afghanistan, Irak, république démocratique du Congo et beaucoup d’autres pays.

Nous devons intensifier la lutte contre la répression des peuples et la criminalisation de leurs luttes et renforcer les liens de solidarite entre les peuples comme le mouvement international de boycott, désinvestissement et sanctions contre Israel. Notre combat se dirige également contre l’OTAN et pour l’élimination de toutes les armes nucléaires.

Chacune de ces luttes implique une bataille des idées dans laquelle nous ne pouvons avancer sans démocratiser la communication. Nous affirmons qu’il est possible de construire une mondialisation d’un autre type, à partir des peuples et pour les peuples, et avec la participation fondamentale des jeunes, femmes, paysans et peuples autochtones.

L´assemblée des mouvements sociaux appelle les forces et acteurs populaires de tous les pays a développer deux actions de mobilisation, coordonnées au niveau mondial, pour contribuer à l´émancipation et l’autodetermination des peuples et pour renforcer la lutte contre le capitalisme.



Nous inspirant des luttes des peuples de Tunisie et d'Egypte, nous appelons à ce que le 20 mars soit un jour international de solidarité avec le soulèvement du peuple arabe et africain, dont les conquêtes renforcent les luttes de tous les peuples : la résistance du peuple palestinien et saharaoui, les mobilisations européennes asiatiques et africaines contre la dette et l’ajustement structurel, et tous les processus de changement en cours en Amérique latine.

Nous appelons également à une journée d’action globale contre le capitalisme le 12 octobre, où, de toutes les manières possibles, nous exprimerons notre refus d’un système qui est en train de détruire tout sur son passage.

Mouvements sociaux du monde entier, avançons vers une unité globale pour défaire le système capitaliste ! Nous vaincrons !

jeudi 27 janvier 2011

Mon film "Chatila, les femmes et les enfants..." vu par Politis


et c'est sous la plume de Denis Sieffert (avec le concours de Jennifer Austruy), qui est venu animer l'excellent débat lors de la projection du film au cinéma "La Clef" à Paris à la fin de l'année dernière.
Son article est lumineux, qu'il en soit remercié à la hauteur de son grand talent !

(faut cliquer sur l'image pour l'agrandir)

et c'est plus simple de l'acheter au prochain kiosque... c'est cette semaine et sinon, faut le demander au journal en appelant là : 01 55 25 86 86... Bonne lecture !

Le film est disponible pour des projections, suffit de m'appeler : 06 75 60 86 88
Il est aussi possible d'en voir les 5 premières minutes sur Youtube, c'est là :
http://www.youtube.com/watch?v=5TrIOZk01MA&feature=digest

Tous vos commentaires seront lus avec attention et appréciés !

vendredi 15 octobre 2010

CHATILA : le film commence à se balader...



Voilà, je suis donc allé à Bologne (quelle belle ville !) pour montrer le film CHATILA, les femmes et les enfants... au Festival Terra di Tutti. Très bon accueil, salle pleine, on avait fait en sorte que le film puisse âtre diffusé avec des sous-titres en Italien, ce qui fait que désormais on aura aussi cette version à disposition. D'ailleurs, parmi le public, des gens d'Udine (pas trop loin de Venise) m'ont demandé si j'accepterais de venir montrer le film pour une manifestation qui est organisée chez eux, genre début 2011.

Ben j'ai dit oui... d'autant que c'est sans doute le seuil d'accès à un r
éseau de sympathisants de la cause palestinienne qui semble avoir de bonne ramifications dans toute l'Italie.

J'e
n ai profité pour aller me promener dans les rues de Bologne, visiter la Pinacothèque, qui regorge de chefs-d'œuvres des 13, 14 et 15ème siècles (on dit évidemment "Trecento, Quattrocento, Cinquecento...") et j'ai évidemment rapporté quelques photos, de la ville et de quelques œuvres du musée...

Nos amis normands du CRPL ont e
ux aussi organisé une projection je ne sais plus quand à Cherbourg.


Il y en a une autre le 5 novembre, 20h15, à l'Écran-Club/MJC de Saint-Chamond (c'est dans la Loire, c'est près de Saint-Étienne, et c'est des vieux amis à moi, Martine, Francis et une bande de joyeux compagnons).




La suivant
e, connue à ce jour, est celle du 17 novembre à Paris (Cinéma La Clé, rue du même nom, M° Censier-Daubenton) dans le cadre de la programmation de l'association Voir & Agir avec Politis.

Pas mal, déjà
... D'autres sont en projet aussi, et les amis suédois, Éva et Néstor à qui nous avons rendu visite il y a quelques semaines, l'ami Jean-Yves et moi, sont en train de travailler à une version sous-titrée en Suédois, porte ouverte sur toute la Scandinavie, et sans doute aussi une autre en Arabe, porte ouverte sur tout un vaste monde...


Voilà, d'autres nouvelles prochainement, il me faudra parler des perspectives de montage du film tourné au Cameroun et de mon film Burkinabé, pour lequel l'alternative est soit que j'y retourne pour un ultime tournage, soit qu'on se mette, Gérard et moi, au montage... On en saura plus dans les semaines qui viennent, il y a d'autres projets qui avancent aussi et mon énergie qui n'est pas du tout sans limite...

(à suivre), comme on lisait dans les hebdos de BD de mon enfance...

lundi 16 août 2010

La FRU, des archéologues, des artistes...



Oui, c'est le titre du film que je viens de terminer avec la belle complicité de l'ami Gérard. Un voyage en archéologie, du côté de La Chartreuse (environs de Chambéry pour les cancres en géo), pour lequel j'ai embarqué (en américain : embed...), outre l'archéologue Gilbert et son comparse suisse Louis, une romancière Mylène, un musicien Gilles et un illustrateur Alexis.
Une joyeuse bande, qui a vu la création d'un orchestre spécialement rassemblé pour la circonstance, le Magdazilien Archéoband... (on reconnaîtra de gauche à droite Mylène, Alexis, Gilbert et le chef d'orchestre Gilles) et au final un film non moins joyeux, mais aussi instructif.


On en apprend beaucoup sur ces groupes humains qui nous ont précédés, Magdaléniens, Aziliens... et se sont succédé il y a entre 14.000 et 11.000 ans avant nous, sur le site de la Fru, commune de Saint-Christophe la Grotte (Savoie)
Le film, tout juste fini, sera disponible à l'Auberge du Tunnel, à l'entrée de la voie Sarde qui offre de sacrément belles balades et la découverte des grottes qui ont donné leur nom au village.


Et si vous êtres des petit(e)s curieux(ses), demandez-moi, vous connaissez mon adresse !

(la photo panoramique en haut de l'article est l'œuvre de Gérard avec son appareil-téléphone magique, le dessin de l'orchestre est d'Alexis, la photo du bas est de moi...)

lundi 14 juin 2010

Après le voyage au Liban, avant les Magdazilens...*

* Magdaziliens est un néologisme construit à partir de "Magdaléniens" et "Aziliens",
deux populations de nos lointains ancêtres sur qui je commence un film ce lundi 21 juin
dans la Chartreuse (cf. les pages antérieures de ce blog)

Je rentre de Beyrouth où j'ai passé une semaine
plutôt éreintante mais surtout très riche !


A Chatila, les constructions s'empilent les unes sur les autres
du fait du périmètre restreint du camp (ou devrait-on plutôt dire "ghetto" ?)

D'abord, j'ai montré pour la première fois et à deux reprises le film "Chatila, les femmes et les enfants..." (les premières minutes de film sont là : http://www.youtube.com/watch?v=5TrIOZk01MA&feature=digest )

La première fois, c'est en présence du groupe qui m'avait sollicité pour aller là-bas avec la perspective d'un autre projet de film, une équipe de bénévoles d'une ONG de Base-Normandie,le CRPL (Comité d'aide humanitaire de la Vallée du Sarthon aux Réfugiés Palestiniens du Liban), qui aide les Palestiniens réfugiés depuis une dizaine d'années et avec qui, Jean-Yves et moi, avons visité plusieurs autres camps. Assistait également à la projection Abu Mudjahed, le directeur-fondateur du Children & Youth Center (CYC) de Chatila, qui est l'un des principaux protagonistes de ce film. Les réaction à cette projection, qui représentait pour moi un test, ont été très bonnes : émotion et propos politique reçus à 100 %, mon objectif semble donc atteint.
La seconde projection, quelques jours plus tard, a eu lieu au sein même du CYC, devant un public qui pour moitié ne parlait ni le français ni l'anglais, les deux langues du film. Pour moi cette projection était très importante, plus encore que la précédente parce que se déroulant dans le lieu même où j'avais posé ma caméra 18 mois auparavant.


Là encore, beaucoup de réactions, des Palestiniens regrettant que je n'en ai pas montré plus sur leurs conditions de vie misérables, et pas mal d'autres réactions de visiteurs étrangers disant tous que ce film est bien pour qui ne connaît pas cette situation. A la suite de la projection, le directeur du CYC (principal protagoniste de mon film) à prononcé un discours impressionnant de conviction pour raviver l'esprit de résistance parmi les siens.

Après ce voyage que j'ai trouvé très instructif, l'idée est devenue évidente de la nécessité de faire un nouveau film centré sur la question de la santé (de quelles maladies souffrent les Palestiniens réfugiés et quels sont leurs -maigres- moyens pour s'en prémunir ou se soigner).

C'est le cas grâce notamment à la richesse des intervenants que nous avons rencontrés, responsables d'équipements ou de centres de formation aux professions sanitaires, et c'est aussi pour montrer cette réalité qui est à la fois un constat de la gravité de la situation et l'évidence de l'engagement des Palestiniens à chercher et trouver des solutions, avec toute leur énergie et aussi le soutien qu'ils reçoivent, de manière toujours insuffisantes, des gens de la diaspora et des associations étrangères qui les accompagnent et les financent.

Nous avons pu visiter un hôpital dans un camp, et une école d'infirmières dans la plaine de la Bekaa, nous avons parlé longuement avec Rajah Musleh, un médecin palestinien responsable d'un centre de formation aux professions paramédicales.
Je prépare un texte pour présenter ce projet et rechercher, cette fois encore, les financements qui lui permettront de se concrétiser.

NB (sous beaucoup des mots colorés se cachent des liens vers des sites et/ou des informations concernant ces noms ou ces lieux)

Du pain sur ma planche, et des envies de continuer cette œuvre qui est sans doute un travail de fourmi mais qui me permet de comprendre pourquoi je fais ce métier avec enthousiasme, renouvelé à chaque fois que je vais ici et là montrer mes films, rencontrer des publics et partager avec eux des discussions passionnantes.